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Tim Guénard
écrit par Violaine de Clermont-Tonnerre
publié le samedi 12 mars 2005

« Elle ne m’embrasse pas, ne me dit pas au revoir », ..., j’ai trois ans et ma mère vient de m’attacher à un poteau sur cette route de campagne qui ne mène nulle part, ..., c’est le seul souvenir précis que je conserve, enfant, de ma mère. Un dos qui s’éloigne... quelqu’un qui s’en va... »
« Mon père a une faille dans sa cuirasse, le départ de ma mère le fauche en pleine course... il s’effondre. Je suis le souvenir de l’amour déçu, ...son remord vivant »
Son père le bat alors qu’il embrasse ses enfants adoptifs. Obligé de se laver dehors, il se réchauffe dans la niche avec le chien. Il est enfermé dans la cave pendant que sa « fausse famille » part en week-end. La dernière fois que son père le bat, il se retrouve à l’hôpital pour deux ans, son père déchu de ses droits paternels ; c’est le jour de ses cinq ans !
Les années qui suivent sont partagées entre une maison de convalescence, l’Assistance Publique et une maison pour fous, car sa violence intérieure et extérieure se développe. Après deux placements dans des familles d’accueil, il part en maison de correction ou il devient de plus en plus dur et violent, pour se défendre. Il passe de la section « simple » à des sections « D » puis à des sections « C », celle des plus durs. Là, curieusement il trouve une protection, les garçons l’adoptent et l’appellent« petit frère », il n’a pas encore 12 ans !.Il doit se protéger autant de ses compagnons que des éducateurs qui sont très durs.
Après avoir été accusé à tort et s’être vengé..., Tim s’échappe en sautant les barbelés, un 9 août, jour de ses 12 ans. Il se dirige vers Paris où il se cache. La nuit, il dort dans un garage à vélos et le jour il vole pour se nourrir. Il apprend à aimer la peur qui pimente sa vie. Quelques temps plus tard, il rencontre deux marginaux qui l’aident à « s’en sortir », avec des activités de braqueurs de prostituées et de « gigolo », jusqu’à ses 14 ans. Se retrouvant de nouveau seul à la suite de mauvaises circonstances, et repris par la police, il retourne dans une maison de correction.
Une juge s’occupe de lui, l’écoute et l’encourage. Grâce à elle, il décide de se diriger vers un CAP de sculpteur. Pour mériter la confiance de cette juge, après beaucoup de travail sur lui-même, il réussit brillamment son CAP. Il se lance aussi dans la boxe et gagne beaucoup de combats. 18 ans ! découverte, avec Jean- Marie, de l’Arche, association créée par Jean Vanier , qui accueille des handicapés. Jean Marie lui fait découvrir Dieu, le Christ, l’Adoration, l’Autre, la Joie, bref, l’Essentiel ! : « une société d’Amour, une façon de vivre à l’opposé de la sienne, lui chef de bande parce qu’il gagne des combats de boxe. »
Il finit par s’installer à l’Arche, tout en allant à droite et à gauche, rencontrer des personnes qui le soutiennent comme le père Thomas Philippe. C’est ce prêtre qui lui donne le premier pardon, son accueil, des gestes d’amour, de tendresse, de compréhension, et qui « désamorce la bombe de la colère et de la vengeance ». Il va apprendre l’amour désintéressé, à aimer son passé, il devient un « fou » de Dieu.
Un 9 Août..., il décide de faire « mentir la génétique » et de ne pas reproduire ce qu’il a subi, de se marier avec une femme « bien » et prie pour la trouver. Sa rencontre fortuite avec mère Térésa, puis avec sœur Madeleine, la directrice du Centre des Petites Sœurs de Charles de Foucauld à Rome, l’impressionne. En parlant de sœur Madeleine, il dit : « son regard de femme a changé mon regard sur les femmes ». Il découvre le respect. Il part au Canada à la recherche de ses racines, se retrouve à la Trappe d’Oka, près de Montréal, puis dans un centre pour handicapés non loin de là. Se sentant comme appelé à rentrer en Europe, il repart et accompagne une vieille amie dans ses derniers moments sur terre.
Quelques temps après, il épouse une « fille bien », Martine, à laquelle il décide de dire « OUI » pour la vie avec l’aide de l’Esprit Saint, malgré leurs différences d’éducation et de milieu.
Ils partent s’installer à Lourdes, ou ils élèvent leur quatre enfants et des abeilles et où ils accueillent des jeunes en difficultés.
Tim a pardonné à son père, peut-être trop brusquement, car son père en reçoit un choc, « je venais de renvoyer cet homme dans son enfer de passé qu’il essayait désespérément de fuir », « le cœur peut donner un pardon que la bouche doit parfois retenir ». Ce n’est que petit à petit, en lui écrivant que son père a pu partager « un peu de présent » avec Tim. II a alors accepté son pardon, et est mort peu après.
« Pardonner, ce n’est pas oublier. C’est accepter de vivre en paix avec l’offense. Pour pardonner, il faut se souvenir. Non pas enfouir la blessure, mais au contraire la mettre au jour, dans la lumière. Une blessure cachée s’infecte et distille son poison. Il faut qu’elle soit regardée, écoutée, pour devenir source de vie. »
Tim Guénard explique à la fin de son livre que ses enfants sont ses racines, et qu’il confie à Dieu tous les enfants qui n’ont personne à qui dire « mon papa ».
Tim Guénard par ses livres, nous donne un magnifique message d’Espérance, nous montrant que chaque personne est unique et qu’avec sa volonté peut arriver à briser les chaines de la fatalité.
Toute sa petite enfance a été marquée par le manque d’amour de son père, tous les jours il attendait un mot, un geste de sa part, mais rien n’est venu...
Après cette enfance qui aurait du le détruire totalement, tant physiquement que moralement et spirituellement, il ouvre son cœur à l’Esprit Saint, et parcourt un chemin exceptionnel de conversion.
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