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Paul Ponce

Les jongleries de ma vie - Traduit de l’espagnol par Clara le Chevalier

publié le vendredi 10 décembre 2004

Paul Ponce fait partie des trois meilleurs jongleurs du monde. Il sait jongler avec 7 quilles, avec des chapeaux, avec des balles de ping-pong dans la bouche... Mais tout cela a pris un nouveau sens depuis qu’il a rencontré l’amour de Dieu !

Je suis né au sein d’une famille d’artistes, sixième génération du côté de mon père, quatrième génération du côté de ma mère. Depuis l’âge de six ans je m’entraîne dans la discipline des tours d’adresse, ce que, grâce à Dieu, je réussis plutôt bien, et aujourd’hui, alors que je suis considéré comme l’un des meilleurs au monde, je dois rendre grâce pour les nombreuses heures d’entraînement durant mon adolescence et la persévérance reçue de Dieu.

Quant à savoir que c’était Dieu qui me donnait cette persévérance dans l’entraînement, et plus encore, qu’Il existait dans ma vie, cela n’était pas très clair pour moi pendant ma jeunesse. Vous devez comprendre qu’ayant grandi dans le milieu artistique, jeune homme influençable par mes nombreux amis et collègues, mes objectifs étaient très clairs depuis mon plus jeune âge, convaincu qu’ils allaient m’apporter le bonheur et la satisfaction que je recherchais ; mes objectifs étaient les suivants :

1)Je voulais être connu dans mon milieu artistique

2)Voyager à travers le monde et gagner beaucoup d’argent

3)Avoir plein de petites amies partout où j’irais

Les années se sont écoulées et je voyais comment tous ces objectifs se réalisaient les uns après les autres sans pourtant trouver le bonheur et la satisfaction que je pensais qu’ils m’apporteraient... Je cherchais toujours plus, je ne trouvais pas de satisfaction ; je me posais continuellement la question : « et maintenant... ? » et à vrai dire, je me sentais plutôt vide et rien de ce que je faisais avec ma vie ne me satisfaisait pleinement.

CEPENDANT, une très belle chose est arrivée dans ma vie et cela a commencé à tout changer ; on appelle cela « conversion » et point n’est besoin de ne pas être catholique, puis le devenir, pour se dire « converti ». J’ai toujours dit que j’étais catholique, toute ma famille l’a toujours été, mais nous n’y accordions pas l’importance que l’on aurait dû.

Pour vous donner une idée plus claire de ce qu’était la situation artistique dans laquelle je me trouvais, je dois avouer que, depuis ma naissance, je n’ai jamais été plus de 10 mois dans un même endroit ! Mais aussi que le dimanche étant l’un des jours où l’on travaillait le plus avec les spectacles, cela nous empêchait souvent d’aller à la messe. Voyez : j’ai été baptisé à Lima, au Pérou, à l’âge de 1 mois ; j’ai reçu ma Première Communion à Londres, en Angleterre à 9 ans et quand j’ai eu l’âge d’être confirmé, je n’ai pas reçu ce sacrement à cause des nombreux voyages que le métier de mes parents et le mien nous demandaient.

C’est ainsi que, venant d’avoir 21 ans, alors que je travaillais dans un spectacle au Casino de Nassau, aux Bahamas (la seule fois où j’ai passé 10 mois de suite au même endroit), en allant à la messe le dimanche durant les premières semaines, j’entendis le curé de la Paroisse annoncer que la préparation à la confirmation allait bientôt commencer et que dans quelques mois l’Evêque viendrait administrer ce sacrement . C’est alors que je me dis : « voilà ce qu’il me reste à faire ! » Mais en me disant cela mon idée était qu’il le fallait puisque je me déclarais catholique. Ainsi, je m’approchai du Curé pour lui demander si moi aussi je pouvais recevoir la confirmation, lui expliquant ma situation de « voyageur permanent ». Il répondit qu’il n’y avait pas de problème pour que je reçoive le sacrement si toutefois j’acceptais de suivre la préparation avec les autres jeunes de 14 et 15 ans. Et moi, sans y attacher trop d’importance, j’acceptai.

C’ EST LA QUE TOUT A COMMENCE, il me vinrent des questions graves, que jamais je ne m’étais posées auparavant : Pourquoi me préparais-je pour la confirmation ? Pourquoi étais-je catholique ? Seulement pour ma famille, par tradition ? Qu’est-ce que Dieu et l’Eglise signifiaient pour moi ?

Toutes ces questions et inquiétudes m’amenaient à chercher la réponse dans l’oraison fervente, seul dans l’Eglise, avec mille questions à ma catéchiste et au Curé qui m’ont tant aidé ; et plus je voulais comprendre Dieu, Son Eglise et l’histoire de notre salut, plus je tombais amoureux... vraiment amoureux en trouvant tant de réponses ; je fus totalement surpris en découvrant le trésor que j’avais toujours eu dans l’Eglise, sans toutefois y avoir jamais prêté attention.

Il y a quelque chose que je ne peux oublier dans le processus de ma conversion : en entrant dans l’église pour prier, fixant mes yeux sur la Croix, je regardais et me demandais : pourquoi tant de douleur et de souffrance ? J’avais l’habitude de voir des crucifix depuis mon enfance, mes grand-mères en avaient ainsi que ma mère et moi-même, enfant, lesquels j’embrassais parfois, mais jusqu’à cet instant là je ne m’étais pas arrêté REGARDER le Crucifié et me demander qui était Celui qui agonisait là ; et je me rendis compte que c’était Dieu Lui-même, qui faisait cela car Il nous aimait tant qu’Il voulait nous sauver, et qui plus est, Il le fait sans nous obliger à croire en Lui et à Le suivre, car nous sommes libres et Il attend patiemment notre réponse et en plus Il a fait le premier pas en donnant Sa vie et ma réponse à cet acte d’amour suprême appartient totalement à ma liberté... WOW

C’est alors que j’ai commencé à voir comment Dieu avait inondé ma vie entière de grâces et de dons, que j’étais bien loin de mon devoir envers Dieu en tant que chrétien baptisé. Le plus incroyable était que plus j’essayais de comprendre et apprendre à faire le bien envers Dieu et les autres, plus je sentais le bonheur et la plénitude.

Le sommet fut atteint lorsque je décidai d’arrêter de travailler dans le milieu artistique pendant un an, pour donner une année de ma vie à l’Eglise en tant que collaborateur (missionnaire laïque), pensant que Dieu avait tellement fait pour moi et voulant à mon tour essayer de faire quelque chose pour Lui. Au début, j’avais mes doutes sur ma capacité à passer une année entière éloigné du monde artistique, mais je voulais au moins essayer, pour Dieu.

J’ai donc commencé cette année là, les semaines et les mois passèrent, et quand elle toucha à sa fin je m’aperçus que cette année là avait été la plus heureuse de ma vie ! Car c’est au cours de cette année que j’appris où se trouvait le bonheur : dans la recherche de Dieu et du bien d’autrui : c’est ainsi que j’ai trouvé cette satisfaction qu’auparavant je recherchais à tort dans mes désirs égoïstes car j’avais toujours vécu en cherchant ma propre satisfaction, et je n’y arrivais pas, et ce fut en revanche dans la recherche du bien d’autrui et le bonheur de ceux qui m’entouraient que j’ai commencé à être heureux et à trouver la plénitude qui remplit en vérité le cœur.

Actuellement je travaille dans le milieu artistique avec un idéal nouveau : chercher à être un instrument de Dieu vis à vis de mes camarades, mais pas à cause de ce que je pourrais faire pour eux, ce qui ne serait pas grande chose, mais pour ce que Dieu, se servant toujours d’instruments indignes, pourrait faire pour eux à travers moi. Et cela, chers amis, revient à gagner des deux côtés puisque tu peux vivre ici un pur bonheur et la plénitude en menant à bien ta mission ici bas, et après, tu reçois la vie éternelle... que pourrait-on demander de plus à la vie ?



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