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Faut-il obéir au Pape ?
publié le mercredi 26 octobre 2005
L’obéissance est l’expression la plus profonde de notre adhésion au Christ. On voit trop souvent l’obéissance dans son aspect négatif de contrainte et on oublie que c’est d’abord une réalité positive parce qu’elle nous fait sortir de nous-même : Celui qui obéit devient comme un petit enfant qui a une confiance totale en ses parents.
Jésus Christ, modèle d’obéissance
Mais pour rendre cela plus évident, contemplons un instant le Christ, modèle le plus achevé de toute perfection. Que voyons-nous ? Que la disposition primordiale de son âme, celle autour de laquelle se groupent toutes les autres, est une obéissance pleine d’amour à son Père.
« En entrant dans le monde, dans ce monde qu’il venait racheter, il a dit : Me voici, ô mon Dieu, pour faire votre volonté ». (Heb 10.5) Cet acte d’obéissance parfaite, par lequel le Christ acceptait tout le terrible programme de sa vie, des souffrances et des humiliations de sa Passion et de sa mort, est le premier acte qu’il ait posé ; et cet acte engage et résume d’avance toute son existence.
Il proclame bien haut qu’ « il n’est pas venu pour faire sa volonté, mais celle de son Père qui l’a envoyé. » (Jn 6.38). L’obéissance est tellement au fond de sa vie qu’ « elle fait sa nourriture ». (Jn 4.34). Pendant trente ans, il obéit à deux créatures, à Marie et à Joseph : et il leur était soumis. (Lc 2.51). Malgré la transcendance de sa divinité, bien qu’il soit le législateur suprême qui pourrait se dispenser de ses lois, que dit le Christ ? Pas un iota, pas un trait ne passera de la loi que tout ne soit réalisé. (Mt 5.18). Quelques heures avant son procès, durant une prière qui le porte à l’agonie pendant plusieurs heures, tout son être s’épouvante en face du supplice infâme qui s’approche de lui. « Père, s’il est possible, que ce calice s’éloigne de moi ». Mais sa volonté reste soumise à Dieu « Cependant, que Ta volonté soit faite, et non la mienne ! ». (Lc 22.42)
Nous pouvons nous unir à l’acte d’obéissance du Christ
Cette obéissance du Christ est le moyen choisi par Dieu et accepté par Jésus, pour sauver le monde et lui rendre l’héritage des cieux ; et nous allons à Dieu en unissant notre obéissance à celle du Christ Jésus, devenu notre tête et notre chef. Toutes les misères d’Adam sont tombées sur nous parce que nous avons été solidaires de son péché ; nous avons part à toutes les bénédictions qui débordent de l’âme du Christ quand nous participons à son obéissance.
On pourrait dire que tout l’Evangile conduit naturellement à faire de l’obéissance la valeur maîtresse du christianisme, source d’unité, de cohésion et de sainteté. Cette valeur est au cœur du message du Christ et constitue l’essence de sa doctrine : ce n’est pas en fonction de notre degré de connaissances que nous seront sauvés, mais de notre foi, c’est-à-dire de notre abandon plein de confiance et d’amour, à la volonté du Père Eternel. C’est cela même que Jésus récompense quand il fait marcher Pierre avec lui sur les eaux : un pas en avant qui aurait pu lui coûter la vie, mais qui était nourrit par un acte que l’on appelle justement : « l’obéissance de la foi ».
Obéir au Pape, c’est obéir au Christ
Le Christ nous a quittés pour remonter au ciel. Qu’a-t-il fait pour que nous puissions le reconnaître comme chef ? Il a donné ses pouvoirs à l’Eglise : « Toute puissance m’a été donnée par mon Père ; allez donc, en vertu de cette puissance que je vous délègue, enseignez à toutes les nations à garder mes commandements. (Mt 28.18) Car qui vous écoute m’écoute ; celui qui vous méprise me méprise. » L’Eglise est investie de l’autorité de Jésus-Christ ; elle parle et commande au nom de notre Seigneur ; et l’essence du catholicisme consiste dans la soumission de l’intelligence à l’enseignement du Christ transmis par l’Eglise, et dans la soumission de la volonté à l’autorité du Christ exercée par l’Eglise.
De l’autre côté, on voit Jésus multiplier les recommandations à Pierre : il l’exhorte à être le plus petit des disciples, à considérer sa tâche comme un service, à ne jamais abuser de son autorité comme les pharisiens, à veiller comme un pasteur sur son troupeau ... et enfin à être persévérant jusqu’au bout. En échange, Jésus lui fait une promesse mystérieuse : « Pierre, tu es Pierre et sur cette Pierre je bâtirai mon Eglise et les portes de l’enfer ne prévaudront pas sur elle. Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux ; tout ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux et tout ce que tu délieras sur la terre, sera délié dans les cieux » (Mt 16.18).
Il ne faut donc pas voir l’obéissance au Pape comme quelque chose de terrible. Le Pape a été investi par le Christ pour être un bon pasteur, une lumière qui illumine notre chemin. Quand on est dans l’obscurité, on trébuche et on tombe. Le Pape est là pour nous éclairer et nous relever.
2000 ans d’expérience
Depuis presque 2000 ans, l’Eglise s’est structurée et enrichie d’une expérience et d’un savoir qui lui permet de nous guider avec sagesse, pour nous protéger des écueils et des idéologies mortifères... Malgré le déferlement incessant d’attaques contre l’Eglise, la promesse du Seigneur s’est réalisée, la succession apostolique n’a pas été rompue. La doctrine fondamentale de l’Eglise n’a jamais été ébranlée.
Aujourd’hui, le Pape est sans doute l’homme du monde le mieux à même de répondre aux problèmes moraux, politiques et religieux de l’humanité : élu entre milles pour toutes ses qualités de prudence et de sagesse, il est aussi entouré par les plus grands penseurs, théologiens et scientifiques du monde. Il ne prend jamais une décision importante sans de longues concertations. Il est partout là où des hommes sont persécutés ou opprimés. Il est le garant des libertés fondamentales des hommes : respect de la vie, de la liberté de penser, de la liberté religieuse et de la dignité de l’homme.
Remarquez bien : cela ne signifie absolument que seuls les catholiques fidèles au Pape iront au Paradis. Lors du jugement dernier, nous serons tous jugés en vérité sur ce que vaut notre cœur. Mais, disons que c’est la voie la plus directe et le plus sûre pour ne pas se tromper. « - Et si le Pape se trompe ? » Et bien, tant mieux, car ainsi tu peux faire un acte de foi encore plus grand : car si tu écoutes les conseils du Christ, il vaut mieux avec tord avec Pierre, que raison contre lui !
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