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Dieu peut-il me pardonner ?
Pourquoi faut-il croire en Jésus ?
publié le lundi 3 janvier 2005
"Le soir de Pâques, le Seigneur Jésus se montra à ses Apôtres et leur dit : ’Recevez l’Esprit Saint. Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis. Ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus’" ( Jn 20,22-23 ).
Une invention de l’Eglise pour nous humilier ?
Il y a deux sacrements qui ont valu à Jésus de se mettre à dos ses contemporains : l’eucharistie et la confession. De son vivant, Jésus avait affirmé plusieurs fois son droit à pardonner les péchés (Ce qui n’appartient qu’à Dieu, bien sûr). Pour « clouer le bec » aux personnes qui étaient choquées par son audace, Jésus n’hésitait pas à manifester son origine divine : « Pourquoi ces pensées dans vos cœurs ? Quel est le plus facile, de dire : Tes péchés te sont remis, ou de dire : Lève-toi et marche ? Eh bien, pour que vous sachiez que le fils de l’homme a le pouvoir sur la terre de remettre les péchés, je te l’ordonne, dit-il au paralysé, lève-toi. Et, à l’instant même, se levant devant eux, il s’en alla chez lui en glorifiant Dieu. » Lc 5, 22
D’ailleurs, ces deux sacrements institués par le Christ ont toujours été sources de conflit. Ils nous font mal, parce qu’ils nous replacent devant une vérité fondamentale que nous essayons souvent de fuir : nous sommes de faibles créatures, plus souvent enclins à contenter notre égoïsme qu’à accomplir le bien. Nous croyons facilement que Dieu tourne autour de nous, que tout nous est dû, que l’univers doit se plier devant nous.
Et pourtant, si Jésus nous a offert ces sacrements au prix du sacrifice de sa vie, ce n’est pas pour nous humilier ou nous rendre esclave de Dieu. Le message du Christ est avant tout un appel à la sainteté personnelle. Pour le Christ, la seule chose importante, c’est notre bonheur : ses paraboles ne parlent que de cela. Or le bonheur que nous promet Jésus, n’est pas de ce monde : il est lié à la vision de Dieu, qui est amour, et en qui nous serons « glorifiés » lorsque viendra la fin des temps.
Pour s’approcher de ce mystère, il n’est nul besoin de « faire », mais « d’ être ». Le travail que nous invite à faire le Christ, n’est pas de « changer le monde », mais de « nous changer nous même ». Le sacrement du pardon, institué par le Christ le soir de Pâques, quelques heures avant sa Passion est un moyen que Dieu nous donne pour nous purifier de nos fautes, notre égoïsme, nos mauvaises tendances.
Pourquoi ne pas demander directement pardon à Dieu ?
Nous le savons, il est dur de demander pardon, car demander pardon, c’est reconnaître sa faute, c’est S’HUMILIER.
Cependant, parce que nous sommes des hommes, nous avons besoin d’EXPRIMER nos sentiments. Dieu le sait bien : il nous a créé comme ça. Et c’est sans doute aussi pour cela qu’il RESPECTE cet ordre des choses. Nous savons bien qu’il y a une très grande différence entre vouloir demander pardon et demander pardon. Un pardon authentique suppose une certaine humiliation : celle de devoir dire « Pardon, c’est ma faute ».
Bien sûr, le pardon est d’abord une question de conscience personnelle devant Dieu : de fait, l’Eglise reconnaît qu’une contrition parfaite peut nous remettre déjà en état de grâce. Mais il ne suffit pas de vouloir s’excuser... il faut OSER lui dire en acceptant le moyen qu’il a établit lui-même pour que nos péchés soient vraiment pardonnés. Le fait d’accepter de demander pardon, c’est précisément la preuve, devant Dieu, que nous regrettons vraiment notre faute et que nous ne voulons pas recommencer.
Le Christ a voulu que son Eglise soit tout entière, dans sa prière, sa vie et son agir, le signe et l’instrument du pardon et de la réconciliation qu’Il nous a acquis au prix de son sang. Il a cependant confié l’exercice du pouvoir d’absolution au ministère des apôtres (les évêques et les prêtres) qu’ils exercent "au nom du Christ".
A quoi ça sert, la confession ?
La confession est un « rencart » avec Dieu. Dieu ne condamne jamais. C’est sans doute une des caractéristiques les plus flagrantes de Jésus dans l’Evangile : à la différence des pharisiens, il ne condamne JAMAIS les pécheurs. Au contraire, c’est à eux qu’il offre en premier son amitié. La confession est donc d’abord une RECONCILIATION entre Dieu et nous.
Mais il y a plus dans ce sacrement : Pour faire pousser une plante, le jardinier doit non seulement veiller à mettre les bons ingrédients (lumière, chaleur, eau...) mais il doit aussi retirer les mauvaises herbes. La confession c’est ça : retirer les mauvaises herbes qui font obstacles à notre épanouissement personnel. C’est le délicat travail du Christ dans notre âme.
Parfois, nous avons peur de nos péchés. Nous pensons que Dieu est comme nous... et donc nous avons du mal à réaliser qu’il peut vraiment nous pardonner. Au lieu d’être docile, nous « faisons de la résistance » à Dieu. C’est un peu comme si on serrait très fort un mauvais tesson de verre tranchant dans la paume de notre main... Ainsi sommes nous quand nous avons peur de Dieu : remarquez comme cette réaction est absurde, car Dieu ne veut pas nous punir. Il veut ôter ce tesson coupant et le remplacer par une belle perle.
Comment se déroule une confession ?
Pour qu’une confession soit valide, il faut accomplir quelques conditions nécessaires, qui prouvent notre véritable désir de conversion :
La contrition : Parmi les actes du pénitent, la contrition vient en premier lieu. Elle est "une douleur de l’âme et une détestation du péché commis avec la résolution de ne plus pécher à l’avenir" Il convient de préparer la réception de ce sacrement par un examen de conscience fait à la lumière de la Parole de Dieu. Les textes les plus adaptés à cet effet sont à chercher dans la catéchèse morale des Evangiles et des lettres apostoliques : Sermon sur la montagne, les enseignements apostoliques (cf. Rm 12-15 ; 1Co 12-13 ; Ga 5 ; Ep 4-6 ).
La confession des péchés : La confession des péchés (l’aveu), même d’un point de vue simplement humain, nous libère et facilite notre réconciliation avec les autres. Par l’aveu, l’homme regarde en face les péchés dont il s’est rendu coupable ; il en assume la responsabilité et par là, il s’ouvre de nouveau à Dieu et à la communion de l’Eglise afin de rendre possible un nouvel avenir. L’aveu au prêtre constitue une partie essentielle du sacrement de Pénitence : « Les pénitents doivent, dans la confession, énumérer tous les péchés mortels dont ils ont conscience après s’être examinés sérieusement, même si ces péchés sont très secrets. » Il ne faut pas cacher certaines fautes, car "si le malade rougit de découvrir sa plaie au médecin, la médecine ne soigne pas ce qu’elle ignore" (S. Jérôme, Eccl. 10,11). L’Eglise recommande en outre de se confesser au moins une fois par an et de ne pas recevoir l’eucharistie si on a conscience d’avoir commis un péché grave.
La satisfaction : Beaucoup de péchés causent du tort au prochain. Il faut faire le possible pour le réparer (par exemple restituer des choses volées, rétablir la réputation de celui qui a été calomnié, compenser des blessures). La simple justice exige cela. Mais en plus, le péché blesse et affaiblit le pécheur lui-même, ainsi que ses relations avec Dieu et avec le prochain. L’absolution enlève le péché, mais elle ne remédie pas à tous les désordres que le péché a causés. Relevé du péché, le pécheur doit encore recouvrer la pleine santé spirituelle. Il doit donc faire quelque chose de plus pour réparer ses péchés : il doit "satisfaire" de manière appropriée ou "expier" ses péchés. Cette satisfaction s’appelle aussi "pénitence".
Comment bien préparer sa confession ?
Pour nous aider à éclairer notre conscience, un bon examen s’impose. Voici un petit guide pour vous aider à vous examiner :
1. Est-ce que Dieu est toujours à la première place dans ma vie ou suis-je comme ces hypocrites qui mettent toujours des conditions : « Que ta Volonté soit faite... à condition qu’elle corresponde à la mienne » ? Me suis-je confessé au moins une fois pendant l’année ? Ai respecté les jeûnes indiqués par l’Eglise ? Ai-je aidé l’Eglise dans ses besoins ?
2. Ai-je manqué de respect à Dieu : dans l’Eglise, par exemple, me suis-je mal tenu ?
3. Suis-je conscient que le dimanche ainsi que les jours de fête d’obligation appartiennent à Dieu ? Ai-je répondu à son appel en étant présent à la messe ? Me suis-je bien préparé pour recevoir la communion ?
4. Ai-je manqué de respect ou d’amour envers mes parents ?
5. Ai-je tué quelqu’un ? Ai commis ou encouragé quelqu’un à commettre un avortement ?
6. Ai-je commis des actes impures seul (masturbation) ou avec un autre (fornication) ?
7. Ai-je volé ? Ai-je consciemment outrepassé des règles imposés par la sécurité et les services d’ordre de mon pays ?
8. Ai-je menti ? Ai-je arrangé les choses à ma manière ? Ai-je caché la vérité ?
9. Ai-je souillé mon imagination et mon cœur avec des pensées impures ? Ai-je regardé des images obscènes ?
10. Ai-je laissé grandir en moi de la jalousie pour les biens des autres.
Les indulgences, une arnaque de l’Eglise ?
L’indulgence est la rémission devant Dieu de la peine temporelle due pour les péchés dont la faute est déjà effacée, rémission que le fidèle bien disposé obtient à certaines conditions déterminées, par l’action de l’Eglise, laquelle, en tant que dispensatrice de la rédemption, distribue et applique par son autorité le trésor des satisfactions du Christ et des saints.
"L’indulgence est partielle ou plénière, selon qu’elle libère partiellement ou totalement de la peine temporelle due pour le péché". Les indulgences peuvent être appliquées aux vivants ou aux défunts.
Pour comprendre cette doctrine et cette pratique de l’Eglise il faut voir que le péché a une double conséquence. Le péché grave nous prive de la communion avec Dieu, et par là il nous rend incapables de la vie éternelle, dont la privation s’appelle la "peine éternelle" du péché. D’autre part, tout péché, même véniel, entraîne un attachement malsain aux créatures, qui a besoin de purification, soit ici-bas, soit après la mort, dans l’état qu’on appelle Purgatoire. Cette purification libère de ce qu’on appelle la "peine temporelle" du péché. Ces deux peines ne doivent pas être conçues comme une espèce de vengeance, infligée par Dieu de l’extérieur, mais bien comme découlant de la nature même du péché. Une conversion qui procède d’une fervente charité, peut arriver à la totale purification du pécheur, de sorte qu’aucune peine ne subsisterait.
Le pardon du péché et la restauration de la communion avec Dieu entraînent la remise des peines éternelles du péché. Mais des peines temporelles du péché demeurent. Le chrétien doit s’efforcer, en supportant patiemment les souffrances et les épreuves de toutes sortes et, le jour venu, en faisant sereinement face à la mort, d’accepter comme une grâce ces peines temporelles du péché ; il doit s’appliquer, par les oeuvres de miséricorde et de charité, ainsi que par la prière et les différentes pratiques de la pénitence, à se dépouiller complètement du "vieil homme" et à revêtir "l’homme nouveau" (cf. Ep 4,24 ).
L’indulgence s’obtient par l’Eglise qui, en vertu du pouvoir de lier et de délier qui lui a été accordé par le Christ Jésus, intervient en faveur d’un chrétien et lui ouvre le trésor des mérites du Christ et des saints pour obtenir du Père des miséricordes la remise des peines temporelles dues pour ses péchés. C’est ainsi que l’Eglise ne veut pas seulement venir en aide à ce chrétien, mais aussi l’inciter à des oeuvres de piété, de pénitence et de charité.
Puisque les fidèles défunts en voie de purification sont aussi membres de la même communion des saints, nous pouvons les aider entre autres en obtenant pour eux des indulgences, de sorte qu’ils soient acquittés des peines temporelles dues pour leurs péchés.
Existe-t-il des miracles de la confession ?
Saint Jean-Marie Vianney, curé d’Ars, saint patron des prêtres. Au séminaire, il était considéré par la plupart de ses professeurs comme un imbécile. Il fut même renvoyé en certain temps du séminaire pour les difficultés qu’il avait dans les études. C’est seulement à cause du manque de prêtre qu’on le reçu finalement, sans lui donner au début le droit de confesser. Après quelques années de ministère, le prêtre révéla une ardeur extraordinaire pour aider les âmes à sortir du péché. Au confessional, l’Esprit de Dieu était sur lui : il lisait dans les coeurs comme on lit un livre, convertissait les pécheurs, renvoyait tout le monde réconcilié et en paix. A partir de 1830, on vit arriver jusqu’à 100000 pélerins par an. Pour les accomoder, le curé Vianney se levait à une heure du matin et passait de 12 à 18 heures au confessionnal. Quant à lui, il prenait la discipline, dormait sur la dure, se nourrissait de pommes de terre refroidies et de pain sec. Il fut trente-cinq ans en butte aux attaques du démon (1824-1858). S’estimant un incapable et pour débarasser le clergé d’un prêtre si inférieur à sa tâche, il tenta maintes fois d’aller s’enfermer à la Trappe, "afin d’y pleurer ses péchés".
Padre Pio, premier prêtre stigmatisé Né en 1887 à Pietrelcina, non loin de Naples, il demanda à 15 ans à entrer au couvent des capucins. Dès le noviciat, il eut d’extraordinaires expériences du démon qui le torturait physiquement et l’empêchait de dormir. Ce n’était qu’un début et toute sa vie, comme le curé d’Ars, il dut affronter le diable.
En 1915, il reçoit les stigmates de la passion du Christ, ce qui lui vaut des douleurs permanentes et des difficultés à marcher ; la plaie du côté saigne au point de remplir une tasse de sang par jour. La plaie ne présente jamais d’inflammation, elle est nettement ouverte. Les stigmates des mains et des pieds sont recouverts d’une mince peau qui obture le vide de l’emplacement des clous de la crucifixion ; ce vide est nettement perceptible à la palpation.
De nombreux médecins, croyants ou non, ont examiné ce phénomène et n’y ont trouvé aucune explication ni analogie avec quelque autre fait médical.
Des foules viennent à son monastère de San Giovanni Rotondo pour se confesser et les pénitents constatent avec stupéfaction que le père lit dans leur coeur à livre ouvert : il leur rappelle tel événement caché de leur vie ou bien refuse la communion à quelqu’un qui, parmi la foule, n’est pas en règle avec sa conscience. Pendant la célébration de la messe, qui dure parfois trois heures, son visage exprime une émotion d’un autre monde. Il verse souvent des flots de larmes ou transpire à grosses gouttes malgré le froid. Les bouleversements spirituels qu’il provoque journellement chez ses visiteurs s’accompagnent parfois de guérisons miraculeuses. Ce fut le cas d’un médecin athée qui niait vigoureusement les pouvoirs du père : atteint d’un cancer au dernier stade, il finit par accepter la visite du père Pio qui provoqua sa guérison et le transforma en excellent chrétien.
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